mercredi 22 octobre 2014

Laissons du temps au Temps

Il y a très exactement sept mois, je participais au second numéro d'un fabuleux fanzine nommé Clanche. Le temps a passé et le troisième numéro verra bientôt le jour, troisième numéro auquel je me suis fait un devoir de participer aussi. Le thème était cette fois-ci celui du Périple, et les gens cultivés que vous êtes auront vite reconnu La Machine à explorer le temps dans cette image. Merci donc à mon vieux copain Wells et à ses Morlocks, et aussi un peu à René Barjavel pour m'avoir prêté son Voyageur imprudent.


Qu'est-ce que le présent dans notre petit univers ? Pendant que je pense la phrase que je vais vous dire, elle fait partie de l'avenir. À mesure que je la prononce, elle tombe dans le passé. Le présent, est-ce le moment où je déguste cette merveilleuse liqueur ? Non ! Tant qu'elle n'a pas atteint mes lèvres, c'est l'avenir. Quand la sensation de son goût, de sa chaleur, qui m'emplit la bouche, quand ce plaisir atteint mon cerveau, il a déjà quitté mon palais. C'est le passé. L'avenir sombre dans le passé dès qu'il a cessé d'être futur. Le présent n'existe pas. Vouloir l'éterniser, c'était éterniser le néant.
René Barjavel, Le Voyageur imprudent

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