mercredi 16 août 2017

Mauvaise passe

Voilà des siècles que je n'ai rien posté sur ce blog, et pour cause : je traverse actuellement ce qu'il est convenu d'appeler, entre gens éduqués, une période de merde. Des obligations professionnelles à la trivialité navrante m'obligent à me rendre quotidiennement en plein cœur touristique de Paris. Le peu de tolérance que j'avais jusque-là réussi à conserver à l'égard de mes semblables n'a pas survécu à l'expérience et je souffre désormais d'une sociophobie particulièrement handicapante. Il faut dire que le mois d'août voit défiler à Paris tout un cortège d'indésirables, touristes obèses, artistes de rue, bobos pondeurs d'enfants, raclures branchouilles, bourgeois décatis, adolescents parfaitement trisomiques relâchés dans la nature par les établissements scolaires sous prétexte de vacances d'été. La liste est loin d'être exhaustive et le centre de la ville dans lequel je me rends chaque jour à contrecœur présente une concentration abominablement élevée de vermine. Paris grouille de singes malfaisants. Ajoutez à cela la météo de ce mois d'août qui correspond exactement à l'idée que je me fais d'un mois de novembre dans une ville minière du nord de l'Angleterre – pluvieux, sombre et en tout point répugnant – et la liste des alternatives au suicide se réduit dangereusement. L'une de celles que j'ai trouvées et qui n'inclut pas le meurtre violent d'un grand nombre de mes congénères consiste à me servir de ce blog non plus seulement comme support de diffusion de mon travail mais également comme réceptacle de mes états d'âme quotidiens. Voilà qui promet des publications plus régulières, pour le plus grand bonheur des algorithmes de Google. Je suis bien conscient, au vu de la fréquentation habituelle de ce blog, que multiplier les notes d'humeur ici revient à hurler dans un hall de gare désert. Ma santé mentale s'en accommode très bien. Quant aux rares personnes qui me lisent encore, que l'Éternel fasse couler sur votre front des torrents de lait et de miel. À bientôt donc, pour de nouvelles émanations de haine et d'encre à l'eau. Je dessine en ce moment profusion de gens tout nus que je posterai bientôt ici-même, ce sera un ravissement de tous les sens, tenez-vous prêts.

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5 commentaires:

  1. Quand même, ce mois d'août a le goût âcre d'une semelle orthopédique usagée.

    On s'ennuie, on s'ennuie, on s'ennuie, non ?
    "L'ennui naquit un jour de l'uniformité" a écrit Machin Truc de la Motte de beurre ; jamais ce vers ne m'avait paru autant à propos.

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    1. J'aimerais beaucoup connaître personnellement quelqu'un qui s'appelle Machin Truc de la Motte de beurre.

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  2. Ce qui ne tue pas te rend plus fou. Condoléances !

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    1. Je ne sais pas si devenir encore plus fou serait bien raisonnable. Je risquerais de commencer à mordre.

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  3. Les halls de gare déserts sont nettement plus agréables que les halls de gare grouillants ET on peut aussi y chanter, rapport à la chouette acoustique. Narre donc, ô muse, la colère de l'homme...

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