lundi 7 mai 2018

Disneyland

Les derniers mois ont été quelque peu compliqués pour la petite chose fragile que je suis. Je les ai principalement employés à être gravement malade, à faire des allers-retours à l'hôpital, à maudire l'existence roulé en boule dans mes draps, à lire avec intérêt les notices de tout un tas de médicaments exotiques ainsi qu'à visiter une large sélection de médecins et spécialistes en tous genres. Je songe d'ailleurs à publier prochainement un palmarès des salles d'attente les plus conviviales, classées selon des critères allant du désinfectant industriel choisi pour parfumer la pièce à la qualité des sièges en plastique, en passant par le choix des magazines proposés aux convives. Je ne manquerai pas de prévenir la France entière lorsque le projet aboutira. En attendant, et les bonnes choses ayant toutes une fin, je suis de retour dans le grand monde.


Le retour se fait d'ailleurs en grande pompe : les éditions Ynnis (leur merveilleux site ici) ont sorti il y a un mois un livre hommage aux studios Disney dont on fête cette année les 80 ans du premier long-métrage, ou plus exactement les 80 ans de la sortie française dudit long-métrage. L'ouvrage retrace donc huit décennies de filmographie Disney à travers une présentation détaillée de chaque production, une analyse des thématiques saillantes ainsi que plusieurs sujets annexes sur les films live, les séries TV ou les jeux vidéo Disney. Le tout est complété d'illustrations inédites, dix-sept au total, chacune signée d'un illustrateur différent – vous l'aurez deviné, c'est là que j'interviens.
La sortie de ce merveilleux bouquin s'accompagne de l'exposition des dix-sept tirages originaux reproduits dans l'ouvrage : après avoir été exposés durant tout le mois d'avril au Pavillon Haut Marais dans le IIIe arrondissement, ces incomparables chefs-d’œuvre sont désormais visibles au café Meisia, 84 Rue René Boulanger dans le Xe arrondissement, depuis le 3 mai et jusqu'au 31 du même mois. Ils seront ensuite transportés au Forum des Images, du 25 juin au 1er juillet, puis finalement à la Japan Expo du 5 au 8 juillet.

On l'a vu, de grandes choses se préparent. Je laisse ici quelques jolies images à destination de quiconque s'intéresse à l'ouvrage – il faudrait cruellement manquer de goût pour ne pas s'y intéresser – et je retourne à mon palmarès de salles d'attentes. Il me faut encore examiner quelques plantes vertes en plastique avant de rendre mon jugement.



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Ma propre modeste - mais ambitieuse - contribution à la chose.

samedi 23 septembre 2017

Jour 9398 : où l'on apprend que je suis érudit, sensuel
et exigeant - et c'est pas moi qui le dis

J'ai, il y a quelques jours, pris le temps de répondre à une interview. Les gens célèbres font ça, les gens extrêmement doués aussi, il était temps que je m'y mette. L'interview est publiée sur l'excellent blog Flamberge et belladone, et j'engage tous ceux qui n'auraient pas l'heur de le connaître à combler immédiatement cette terrible lacune.
Quant à moi, j'ai beaucoup aimé répondre aux questions de Mahaut, l'exquise chroniqueuse, toujours pertinente, diablement érudite et jamais flagorneuse, malgré tous les chouettes compliments dont elle m'a accablé.

L'interview est visible en cliquant précisément ici.

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lundi 18 septembre 2017

Contorsionudiste (titre nul)

J'ai enfin pris le temps de tirer la xylogravure pondue il y a presque trois semaines. Le résultat me laisse perplexe, moins catastrophique que ce que je craignais en encrant ma planche (le bois, ça boit l'encre, encore une chose que j'avais eu le plaisir d'oublier avec le lino), mais malgré tout très différent de ce que j'imaginais. Je suppose qu'il était vain d'espérer un tirage parfait dès la première tentative, il ne me reste plus qu'à faire d'autres impressions, à nettoyer tout ça un peu mieux et à fixer un prix.


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La gravure terminée.
Admirez la précision du cadrage,
l'image est merveilleusement centrée.
La plaque après un premier tirage.
Elle ne sera plus jamais la même.



samedi 2 septembre 2017

Japon

Surprise aujourd'hui en allumant mon ordinateur : le mouchard de mon blog, qui m'abreuve quotidiennement de maintes données inutiles - et donc passionnantes - à propos du trafic sur mes pages, m'apprend qu'un visiteur est arrivé ici en se connectant depuis le Japon. J'étais habitué à recevoir des visites depuis plusieurs pays d'Europe, mais ceci est une grande première. J'aimerais beaucoup savoir ce qui a bien pu t'amener ici, ô toi mystérieux Japonais. Si d'aventure tu lisais ces lignes et que tu les comprenais, sache que ta visite me ravit. Je pressens le début d'une merveilleuse amitié entre nous.

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mercredi 30 août 2017

Xylogravure

Résumé de la situation depuis l'épisode précédent.
L'homme est seul dans son antre et le monde extérieur le répugne. L'homme rumine. Entre deux cafés noirs comme le fond de son être, l'homme s'ennuie comme un caillou.
Aujourd'hui, l'homme constate : il n'a pas gravé de bois depuis trop longtemps, il s'est laissé aller à la facilité du lino, à la mollesse de la gomme et de la résine. Il s'empâte, son bras a perdu sa force d'antan. Le bois lui manque.
L'homme prend une décision grave. Armé de ses toutes nouvelles gouges à bois spécialement achetées pour l'occasion, l'homme se remet à la gravure sur bois de fil.
L'homme avait oublié une chose essentielle : la gravure sur bois de fil, C'EST LONG.

Voilà où on en est.

Depuis trop longtemps que je ne l'avais plus fait, je me suis remis au bois. C'était affreux au début, j'avais perdu l'habitude, il faut respecter le fil du bois, on ne peut pas faire n'importe quoi comme avec le lino, graver dans n'importe quel sens et dire merde aux conventions. Non. Le fil du bois est susceptible : si on ne le respecte pas, il pète, il vous envoie mille échardes acérées dans les yeux, ça ruine votre planche, ça perce votre rétine, ça piétine votre ego et c'est très mauvais pour les nerfs. On ne fait pas le malin avec le bois. On creuse dans le bon sens. On découpe la forme au ciseau, on creuse à la gouge, on fignole au burin. On fait ça proprement. Et finalement l'habitude revient vite et on se demande pourquoi on avait arrêté. J'ai rien contre le lino, c'est chouette, c'est tendre, ça sent bon et c'est mignon, mais je n'aurais pas dû arrêter le bois si longtemps. À partir d'aujourd'hui j'essayerai de faire un peu plus de chaque, bois et lino, lino et bois, j'ai deux amours dans ma vie.

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Voilà la planche terminée, il ne reste qu'à l'encrer pour avoir la joie de découvrir toutes les erreurs que j'ai faites, admirablement soulignées par l'encre et désormais impossibles à ignorer. C'est toujours un moment merveilleux. Je la mettrai bientôt à la vente sur la boutique, j'attends de voir la tronche des épreuves d'essai avant de déterminer un prix.

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mercredi 16 août 2017

Mauvaise passe

Voilà des siècles que je n'ai rien posté sur ce blog, et pour cause : je traverse actuellement ce qu'il est convenu d'appeler, entre gens éduqués, une période de merde. Des obligations professionnelles à la trivialité navrante m'obligent à me rendre quotidiennement en plein cœur touristique de Paris. Le peu de tolérance que j'avais jusque-là réussi à conserver à l'égard de mes semblables n'a pas survécu à l'expérience et je souffre désormais d'une sociophobie particulièrement handicapante. Il faut dire que le mois d'août voit défiler à Paris tout un cortège d'indésirables, touristes obèses, artistes de rue, bobos pondeurs d'enfants, raclures branchouilles, bourgeois décatis, adolescents parfaitement trisomiques relâchés dans la nature par les établissements scolaires sous prétexte de vacances d'été. La liste est loin d'être exhaustive et le centre de la ville dans lequel je me rends chaque jour à contrecœur présente une concentration abominablement élevée de vermine. Paris grouille de singes malfaisants. Ajoutez à cela la météo de ce mois d'août qui correspond exactement à l'idée que je me fais d'un mois de novembre dans une ville minière du nord de l'Angleterre – pluvieux, sombre et en tout point répugnant – et la liste des alternatives au suicide se réduit dangereusement. L'une de celles que j'ai trouvées et qui n'inclut pas le meurtre violent d'un grand nombre de mes congénères consiste à me servir de ce blog non plus seulement comme support de diffusion de mon travail mais également comme réceptacle de mes états d'âme quotidiens. Voilà qui promet des publications plus régulières, pour le plus grand bonheur des algorithmes de Google. Je suis bien conscient, au vu de la fréquentation habituelle de ce blog, que multiplier les notes d'humeur ici revient à hurler dans un hall de gare désert. Ma santé mentale s'en accommode très bien. Quant aux rares personnes qui me lisent encore, que l'Éternel fasse couler sur votre front des torrents de lait et de miel. À bientôt donc, pour de nouvelles émanations de haine et d'encre à l'eau. Je dessine en ce moment profusion de gens tout nus que je posterai bientôt ici-même, ce sera un ravissement de tous les sens, tenez-vous prêts.

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lundi 17 avril 2017

Anno MCMLXXXVI

Tout le monde aime les chansons des années 1980. Tout le monde. Ceux qui vous disent le contraire vous mentent de façon éhontée et vous devriez arrêter de les fréquenter. Ou alors, à défaut, offrez-leur de quoi changer d'avis comme, par exemple, l'une des cartes postales qui seront en vente d'ici peu sur ma boutique en ligne.
Vous vouez un culte aux saints de la chanson de la fin du siècle dernier ? La coupe mulet est votre tonsure ? J'ai exactement ce qu'il vous faut.

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